L’autre jour, j’ai eu une révélation!
J’avais été jugée par une nouvelle personne de mon existence qui avait un potentiel de soutien mutuel, voire d’amitié et qui s’est avérée très décevante, rien de grave, me direz vous, sauf que….
… je n’arrivais pas à me débarrasser d’un sentiment d’injustice morale et totale à mon égard: son jugement était faux, j’étais mal comprise: j’étais, à ses yeux, ingrate et un peu bête (je paraphrase, mais c’est l’essence du soufflet reçu).
Me fallait-il provoquer cette personne en duel? Quand-même pas, on n’est pas des bêtes, mais une partie de moi devait impérativement restaurer mon image, à ses yeux? aux miens?
Pourtant, je sais bien que je ne suis pas en contrôle de ce que pensent les autres.
Et je sais bien aussi que je n’avais été ni ingrate ni stupide.
C’était autre chose… Après avoir discuté avec Copilot (voui, je sais, c’est pas très glorieux, m’enfin, voilà, on n’a pas toujours un psy sous la main), je réalise que je me sens enfermée dans un rôle et une histoire créés par cette personne et que je cherche à tout prix à en sortir. Telle une mouche, prise au piège d’une grande cloche de verre, je buzze à pleins poumons, mais laissez moi sortiiiir …l’angoisse, quoi, sans parler de l’humiliation!
💡Et là, d’un coup, mais c’est bien sûr!!! : Je n’ai pas les droits d’auteur de mon image. N’importe qui peut me faire faire n’importe quoi dans son film, dans son histoire, sans que cela n’écorne mon intégrité, sans que cela me déforme,
Aaaaah! C’est fou ce que les symboles me parlent! Là, tout devient évident, limpide. Je ne suis pas responsable des rôles que l’on m’attribue dans les films d’auteurs d’autrui et il ne sert à rien de vouloir restaurer mon image - elle n’est que le reflet, la projection de l’autre et lui appartient. Ce sont les règles du show business de la vie.
Une vague de libération et de soulagement infinis déferle - je suis totalement séparée de mon image; elle peut se démultiplier aussi souvent que nécessaire, je suis virtuelle, polymorphe, je peux être ce que vous avez besoin que je sois dans chacun de vos films; je suis au service de tous vos fantasmes, vos aigreurs, vos névroses, it is all fine! Vous pouvez même me brûler aux sorcières si cela vous chante, je m’en fous, je ne sens rien. Cela devient même fascinant de réaliser tous les rôles que l’on m’a donnés et le temps perdu à vouloir négocier les scénarios….
Et moi je peux faire la même chose avec vous - j’essaie de ne pas, hein, mais lorsque je me victimise - ça arrive au meilleurs d’entre nous, je mets bien quelqu’un dans le rôle de tourmenteur.
Copilot m’a suggéré de donner un second rôle à cette personne dans mon propre film. J’ai dit que nenni, absolutely not, elle aura un rôle de figurant, flou, loin, insignifiant. Et ça marche, enfin ça tourne!
💞La morale de cette histoire, c’est qu’entre personnes qui se respectent et partagent des valeurs de bienveillance, d’ouverture, de curiosité, de sollicitude, il n’y pas de rôle de villain.e à attribuer, pas de victimisation et d’instrumentalisation, mais du dialogue et des recherches de solutions. Et c’est avec elles que je veux travailler, créer et investir, et heureusement, j’en connais plein :-)
