Je pose la question -
Pourquoi la performance de scène devrait-elle être le graal absolu, l’objectif ultime que l’on prépare assidûment, une réussite sans faille?
Ne pourrait-elle pas être une étape, un clin d’oeil, une anecdote, un flash mob, qui avec le temps et la répétition ferait de nous des artisans-artistes?
La pression est si grande de faire impression!
Alors que l’on ne fait que grandir, apprendre, s’offrir, se partager, créer, en lumière certes, amplifié aussi, et c’est vrai que c’est impressionant, au début en tous cas.
Car il s’agirait de ne pas recommencer de zéro à chaque fois, mais de construire petit à petit, un défi après l’autre, un essai après l’autre.
Ce soir…
🪢J’adresse ma chanson au public et je regarde les gens dans les yeux.
🪢Je parle mon texte, plutôt que le chanter.
🪢Je goûte tous les mots.
🪢Je me plonge dans la musique.
🪢Je fais un geste précis et voulu ou je regarde au loin sur le passage difficile.
🪢Je change ma mélodie, j’ose improviser.
🪢Je m’enfonce au sol, je tiens mon micro fermement.
🪢Je vais laisser mon coeur battre très fort sans chercher à le calmer et sans que cela me déstabilise.
🪢Je me mets dans la peau d’un personnage qui raconte une histoire…..
S’occuper de peaufiner sa qualité de présence et d’écoute plutôt que sa technique, se concentrer sur l’expérience plutôt que le résultat ou montrer que l’on chante bien.
C’est cette AGENTIVITÉ là qui va construire notre confiance petit à petit.
Alors aussitôt commencée, la chanson nous échappe comme l’air dont elle est issue, et plus rien n’a d’importance. Sauf de se laisser émouvoir, de s’ouvrir, rire, regarder, se remplir de musique et être pleinement soi.
