Ce premier soleil aux airs de printemps m’a donné envie d’aller marcher et réfléchir après un cours avec une nouvelle élève qui est venue me voir dans l’espoir d’oser chanter ♥️.
N’est-ce pas le cas de bon nombre d’entre nous - OSER CHANTER? Dans son cas, même chantonner pour elle-même relève du défi: sa voix chantée est une terre quasiment inconnue, désertée depuis les premières moqueries en cours de musique.
En questionnant ses croyances et les différences entre d’autres disciplines d’art de la scène, comme le théatre, nous avons relevé le fait que pour elle, la voix chantée a quelque chose d’unique et de vrai en ce qu’elle relève complètement de nous et non d’un rôle que l’on joue…. Aaaah, c’est donc ça…. Avec cette perspective très répandue, chanter revient à se mettre à nu; pas étonnant dès lors, que l’on N’OSE PAS chanter, encore moins devant autrui! Quand on y pense, c’est vachement gonflé, si ce n’est risqué de chanter dans cet état d’esprit….
Blague à part, cette croyance, car c’en est une, est une plaie!
Certes, le chante.heureux.se est à la fois instrumentaliste et instrument, normal que l’on fusionne!
Et oui, la voix étant vivante, son fonctionnement est impacté par notre état intérieur - de nos hormones, à notre sciatique, en passant par notre état émotionnel du moment, pas étonnant que l’on s’en sente responsable, jusqu’à développer un syndrôme de co-dépendance avec elle!
Re-Oui, la voix chantée est universellement glorifiée et fantasmée, la barre est haute, personne ne veut chanter comme une crécelle!
Alors on fait comment quand l’appel du chant est si fort qu’on est prêt.e à se mettre à poil, mais sans toutefois se ridiculiser?
On reste habillé.e, pardi! Et même mieux, on se déguise!!
En d’autres mots, on met un peu de distance entre sa voix et soi.
Oui, votre voix, c’est vous, mais pas que, ni complètement.
Le chant est quelque chose que l’on fait, pas qui l’on est.
On joue de notre voix, comme la pianiste joue de son piano.
On fait corps avec notre voix, comme le violoncelliste fait corps avec son violoncelle.
On fait résonner sa voix. comme le guitariste fair résonner sa guitare.
On peut même jouer à chanter, c’est-à-dire jouer notre rôle d’interprète.
On met du nous dans sa chanson, oui! Et notre voix n’en sera que plus unique et singulière, d’un moment à l’autre, d’une chanson à l’autre. Mais n’oublions pas que prendre le jeu de chanter au sérieux, ne signifie pas SE prendre au sérieux!
C’est à cette invitation que mon élève a répondu et, pour la première fois depuis quelques décennies, A OSÉ CHANTER!
Pour chaque occasion, que cela soit en cours, répète ou performance, laissez votre âme d’enfant vous guider à choisir les décors, les costumes et histoires que vous avez envie de nous chanter, car même s’il reste imaginaire, c’est dans ce théâtre intérieur que se déploie votre liberté de chanter.
Belle semaine!
Martine
